Psychomotricité-Bordeaux-Psychomotricien
Nicolas Renouard
Psychomotricien D. E.
Difficulté à passer son permis de conduire
Vign_autoecole
Lorsqu'on rencontre des difficultés dans sa formation à l 'auto-école, il est normal de se poser quelques questions.
Elles peuvent être diverses et les premières sont souvent celles-ci: est-ce que j'ai choisi la bonne auto-école? Mon moniteur est-il bon?

Sur ce cite, la question tournera plutôt sur ce que, moi en tant qu'élève, je peux faire:
  • Pourquoi je suis inquiet lorsque je rentre dans la voiture?
  • J'ai l'impression que l'apprentissage de la conduite est complexe pour moi ou je n'arrive pas à me sentir à l'aise.
  • Je suis débordé par tout ce qu'il y a faire au volant de l'auto-école.
  • Je suis perdu sur la route, il m'est complexe de comprendre ce qui se passe autour de moi.
  • Je me décourage pour passer mon permis de conduire.
Alors suis-je handicapé de la conduite? Cette question ne me semble pas pertinente. Avoir des difficultés lors de son apprentissage de la conduite automobile ne veut pas dire que je n'ai pas de compétences.

Ci-dessous, vous trouverez des informations sur les compétences psychomotrices nécessaires à l'apprentissage de la conduite automobile et les conséquences des troubles psychomoteurs sur l'obtention de son permis de conduire. Par la suite, la question sera quoi faire? Rencontrer un psychomotricien sera peut-être une piste pour faire le point sur vos compétences et vos difficultés?

Compétences psychomotrices nécessaires à l'apprentissage de la conduite
  • La régulation du tonus musculaire
  • La latéralisation
  • Les coordinations motrices et les dissociations motrices
  • Les coordinations oculo-manuelles et oculo-pédestres
  • les compétences sensori-motrices
  • Le temps et l'espace
  • Le plaisir d'apprendre et le sentiment de sécurité
  • La gestion des émotions


Les compétences neuromotrices :

1. La régulation du tonus musculaire :

Le tonus musculaire est l’état de tension des muscles, qu’ils soient au repos ou en action.

Deux facteurs principaux influencent l’état tonique : un bon appareil neurologique et les émotions.

La qualité de l’état de tension de nos muscles est importante dans toutes nos coordinations motrices car elle contribue principalement à la qualité de nos gestes et non pas à la force musculaire.

Ex : un élève crispé peut avoir du mal à manipuler son volant avec souplesse et précision et lorsqu’il est surpris ou a peur, il peut agir brusquement sur le volant.

2. La latéralisation :

La latéralisation est le processus qui conduit à la dominance latérale qu’elle soit au niveau de l’œil, de la main ou du pied. C’est un processus de maturation qui dépend de la maturation neurologique. La latéralisation va influencer l’organisation du corps dans l’espace et contribuer à la qualité des coordinations motrices globales et fines.

Ex : En moto comme en vélo, nous observons chez chaque élève une préférence pour les virages à droite ou à gauche.

3. Les coordinations et les dissociations motrices complexes :

Apprendre à conduire va être une étape de la vie de l’élève où, il va devoir mobiliser toutes ses compétences psychomotrices.

L’élève va devoir apprendre de nouvelles coordinations motrices fines. Il aura à comprendre la tâche motrice et toutes ses étapes, à les planifier sur le plan neuropsychologique et à les exécuter. Enfin, il devra automatiser ces tâches motrices.

D’autre part, l’élève aura à dissocier certains gestes entre les 2 membres supérieurs et les 2 membres inférieurs.

Ex : dans la 1ère étape lors de l’apprentissage de la rétrogradation, il faut pouvoir freiner avec le pied droit tout en utilisant le pied gauche sur l’embrayage sans venir perturber l’action de l’autre pied. Mais la difficulté ne s’arrête pas là. Il faudra, en même temps, que la main droite puisse manipuler le levier de vitesse et que la main gauche maintienne la trajectoire. Il peut être nécessaire de rajouter plusieurs contrôles dans les rétroviseurs et l’action sur la commande pour mettre le clignotant.

4. Les coordinations oculo-manuelles et oculo-pédestres :

La coordination entre l’œil et la main ou l’œil et le pied est fondamentale pour tout geste, qu’il soit global ou fin.
Dans l’apprentissage de beaucoup de gestes fins, en premier lieu la main guide l’œil jusqu’à ce que ce soit l’œil qui guide la main. Ainsi la main exécute ce que l’œil a vu et ce que le cerveau a décidé.

Ex : pour apprendre à freiner, l’élève va dans un premier temps ressentir l’effet de son pied sur la pédale de frein. Dans un deuxième temps, il devra apprendre à doser son frein en fonction de ce que l’œil lui dicte par rapport à la distance qu’il lui reste à parcourir et à la vitesse à laquelle il roule.

5. Les compétences sensori-motrices :

Depuis le plus jeune âge, les sens, la motricité et le développement cognitif sont étroitement liés. Chez l’enfant, une des étapes du développement psychomoteur s’appelle l’intelligence sensori-motrice.

Beaucoup de sens sont mis à contribution dans l’apprentissage de la conduite : la vision, l’audition et le vestibule, le toucher et la proprioception. Ces différents sens vont apporter des renseignements au cerveau qui pourra ainsi s’en servir pour exécuter des mouvements appropriés et de bonne qualité.

Ex : l’élève devra ressentir grâce au vestibule ou à sa proprioception les déplacements dans l’espace de la voiture, les accélérations ou ralentissement et s’y adapter dans ses coordinations motrices.

6. Le temps et l’espace :

Le temps et l’espace sont deux notions indissociables. Nous pouvons nous rendre compte du temps grâce à son rapport à l’espace et inversement. Un geste aura un début et une fin car il se sera déroulé dans un certain espace. Nous nous rendrons compte d’un espace car il y aura eu un déroulement temporel pour cela.

Donc la perception et l’organisation spatio-temporelle sont intimement liées à nos mouvements. Pour qu’une action soit d’une certaine qualité, il faut la démarrer au bon moment ou la finir au bon moment et elle nécessite également un bon repérage spatial.

Le temps et l’espace sont également une perception propre à chaque individu en fonction de son vécu.


Dans les 4 étapes pédagogiques (5 en moto), il y a une adaptation temporo-spatiale de nos gestes et de nos actions :

• Le rythme de la conduite dépasse les capacités naturelles de l’être humain. Notre temps de réaction par exemple n’est pas adapté à la vitesse de déplacement d’un véhicule à moteur.

• D’autre part, l’organisation dans l’espace de la route n’est pas simple pour beaucoup d’élèves. Il faut gérer à la fois son propre déplacement et son propre placement sur la chaussé tout en comprenant celui des autres. Cela nécessite une très bonne organisation spatiale et temporelle pour le faire à la fois au bon endroit et au bon moment.



Les compétences psychologiques :

1. Le plaisir et le sentiment de sécurité sont deux composantes essentielles de l’apprentissage :

La notion de plaisir est un moteur puissant pour apprendre. Le plaisir doit se ressentir envers l’apprentissage en lui-même et dans la relation avec son enseignant. Sans lui, l’apprentissage est plus long et fastidieux et il peut mener dans certaines situations à un échec.

L’élève doit se sentir sécurisé pour être disponible psychiquement. Il pourra ainsi se servir de toutes ses compétences cognitives. L’anxiété trop forte est une entrave à l’utilisation de celles-ci.

2. La gestion des émotions :

L’élève doit pouvoir réguler ses émotions pour ne pas qu’elles débordent et qu'elles influencent à la fois ses capacités d’apprentissage et son comportement.


Conséquences des troubles psychomoteurs sur l'apprentissage de la conduite
Les troubles toniques peuvent avoir plusieurs conséquences :

Fatigue musculaire

Fatigue émotionnelle

Manque de disponibilité psychique pour écouter et exploiter ses compétences lors des cours à l'auto-école.

Diminution de la finesse motrice avec des gestes brusques ou des gestes tellement crispés qui ne se déclenchent pas ou pas suffisamment lorsque vous conduisez la voiture.

Les troubles de la latéralisation peuvent entrainer :

• Une diminution de la finesse motrice avec par exemple une difficulté à organiser certains gestes autour de l’axe du corps notamment quand il y a une alternance entre les deux côtés du corps (en voiture apprendre à tourner son volant, en moto à déclencher un virage d’un côté par rapport à l’autre ou à organiser les contrebraquages à allure rapide sans que l’axe corporel se désorganise)

• Des difficultés à se repérer dans l’espace interne à la voiture et dans l’organisation spatiale de la route.

Les troubles des coordinations motrices ou praxiques peuvent avoir pour résultats :

• Une maladresse motrice globale pour manipuler la voiture.

• Une difficulté à planifier les séquences motrices du geste et à automatiser les nouveaux gestes pour les rendre plus efficaces et rapides lorsque vous conduisez à l'auto-école.

Ex : En voiture, il peut être difficile de comprendre comment le démarrage s’effectue. La coordination entre les deux pieds se déroule en même temps et pas l’un après l’autre. Il faut donc planifier la séquence avec un filet de gaz sur l’accélérateur tout en trouvant le point de patinage (Première coordination motrice) pour le maintenir le temps nécessaire sans que le pied droit arrête son action. (Deuxième coordination motrice) Une fois le démarrage effectué la dernière tâche motrice sera de lever en douceur le pied de l’embrayage tout en contrôlant l’accélération. (Troisième action) Pour apprendre toute cette séquence motrice, l’élève est obligé d’être lent au début. Par la suite, il devra automatiser cette tâche pour l’effectuer avec plus de précision et de rapidité sans porter toute son attention sur celle-ci mais sur autre chose comme ce qui se déroule sur la route.

L’élève peut rencontrer plusieurs difficultés :

• la coordination motrice entre ses deux pieds, si l’un agit l’autre ne le peut pas

• la planification des différentes séquences entre elles, comme si elles n’étaient pas reliées les unes aux autres.

l’automatisation du geste, l’expérimentation et la répétition ne laissent pas suffisamment de trace pour « s’enregistrer ». Il peut être nécessaire de repartir du début de l’apprentissage la leçon suivante.

• La double tache, souvent très complexe dans les troubles praxiques (cf. dyspraxie) empêchera d’effectuer cet apprentissage lorsqu’il sera nécessaire de faire autre chose comme tourner son volant ou regarder et se concentrer sur un obstacle.

Les troubles spatio-temporels:

Dans l'apprentissage de la conduite, les répercussions vont se ressentir principalement dans la première étape avec la composante spatiale et temporelle du geste et dans les autres étapes dans l'adaptation au rythme de la circulation et/ou dans le placement sur la chaussée.

Ex1: Comme nous l'avons déjà évoqué précédemment, tout geste à un début, un milieu et une fin qui se déroule dans un espace déterminé. "L'anticipation" est un mot que nous prononçons souvent dans la voiture. Et pourtant beaucoup d'élèves sont gêné pour adapter leur propre rythme à celui de la route.

Ex2: Dans les trois autres étapes, l'élève devra apprendre à trouver sa place dans la circulation. Dans tous les types d'intersection ou sur les différentes voies de la chaussée régulièrement, nous observons des élèves qui sont perdus. Il peut leur être difficile de comprendre le fonctionnement de l'intersection: où se placer, qui doit passer en premier ou en deuxième, etc. Alors quand il s'agit de comprendre le déplacement des autres véhicules sur la route et d'en tenir compte par rapport à leur propre déplacement, la tâche risque d'être trop complexe.
 
Les troubles du schéma corporel :

Le schéma corporel est la connaissance que nous avons de notre corps par rapport à l’espace, à notre environnement. Nous pouvons l’imaginer comme une carte de notre corps qui nous sert à nous repérer et à organiser notre corps dans l’espace.

Les troubles du schéma corporel sont très souvent en lien avec des troubles du tonus, de la latéralité ou des coordinations motrices.

Le schéma corporel peut être entravé par une difficulté de latéralisation, c’est-à-dire d’organisation d’une dominance latérale par rapport à l’axe central de notre corps (axe vertébral) qui va avoir des conséquences dans les repérages spatiaux de notre corps dans notre environnement et donc dans nos gestes. Pourquoi ? Car nous projetons nos repères corporels sur les objets que nous manipulons. Notre carte interne va donc être « perturbée » et nos repères dans l’espace ne seront pas efficaces pour nos gestes.

Ex : Apprendre à tourner son volant : ce geste s’effectue dans les trois dimensions de l’espace du corps (plan sagittal, horizontal et frontal) Dans le plan frontal, le mouvement s’exécute du haut vers le bas du volant et dans le plan sagittal, le mouvement part de l’axe corporel pour aller vers la droite ou la gauche. L'alternance des deux mains dans ces espaces n'est pas évidente pour beaucoup d’élèves qui préfèrent un mouvement non alternatif. Ce dernier est beaucoup plus lent et saccadé car il nécessite un arrêt du volant par une des mains pendant que la main dominante remonte en haut.

En moto, l'élève qui a des difficultés à assimiler la technique du contre braquage peut avoir des difficultés d'organisation gestuelle autour de l'axe corporel dans le plan saggital.
 
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Que faire quand l'apprentissage de la conduite est difficile ou quand je suis en échec au permis?
Quelque soit la difficulté que vous pouvez rencontrer lors de votre formation à l'auto-école, il faut essayer de communiquer avec votre moniteur ou le responsable pédagogique de l'auto-école. (Chaque auto-école a un responsable pédagogique qui encadre l'équipe de moniteur)
La communication est plus ou moins simple, mais elle est primordiale. Il est important que le moniteur puisse avoir votre regard sur les difficultés. Lui expliquer ce qui vous gêne pourra lui permettre de mieux vous comprendre et d'essayer d'adapter son enseignement en fonction.







En cours de réalisation
Formations
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Formation: Apprentissage de la conduite et TDC ou Dyspraxie Développementale

Formation Psychomot' est un organisme de formation autour de la psychomotricité qui propose aux moniteurs et aux formateurs BAFM une formation autour du Trouble Développemental de la Coordination (Dyspraxie Développementale) et ses répercussions lors de l'apprentissage de la conduite.


  • Au niveau des auto-écoles:

Il est possible de former les moniteurs au sein des auto-écoles pour enrichir leurs compétences.

Par la suite des échanges peuvent être mis en place afin d'échanger sur un élève qui aurait des difficultés. Ces échanges doivent permettre de mieux comprendre l'élève et de trouver ensemble comment l'aider au mieux pour ne pas stagner dans l'évolution de l'apprentissage de la conduite.

Plus d'info


  • Au niveau des centres de formation BEPECASER:

Lors de la formation initiale, les futurs enseignants de la conduite peuvent bénéficier d'un enrichissement de leurs savoirs avant leurs examens. Deplus, ils auront des outils supplémentaires pour démarrer leur métier.

Pour d'avantage d'informations sur les formations et leur contenu, vous pouvez contacter Formation Psychomot'
 

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Les informations rassemblées ici peuvent nécessiter des explications plus détaillées ou pousser certains a vouloir en savoir plus.
Il est possible de me contacter pour cela.
Nicolas Renouard - Psychomotricien Bordeaux
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