Psychomotricité-Bordeaux-Psychomotricien
Nicolas Renouard
Psychomotricien D. E.
Trouble de l'écriture, dysgraphie et graphomotricité
La dysgraphie est une anomalie du mouvement cursif, de la conduite du trait, qui se traduit par des difficultés de coordination, des irrégularités d’espacements entre les lettres et les mots, des malformations et des discordances de toutes sortes, souvent alliées à une qualité du trait défectueuse. Pour AJURIAGUERRA, l’enfant dysgraphique est « un enfant chez qui la qualité de l’écriture est déficiente, alors qu’aucun déficit neurologique important ou intellectuel n’explique cette déficience »

Au niveau de la scolarité, le dysgraphique est handicapé par l’inefficacité de son geste qui le rend trop lent ; pressés par le temps, les plus lents et précis sont incapables d’accélérer alors que les autres dysgraphiques deviennent illisibles, produisant des écritures chaotiques ou labiles et néanmoins toujours insuffisamment rapides.

L’écriture est une activité motrice fine, hautement complexe et différenciée, longuement et difficilement construite, et par là, fragile.

De plus, le niveau général de l’écriture de l’enfant dépend autant de son développement mental et psychomoteur que de son développement affectif.

Lorsque l'enfant a des troubles graphomoteurs, il a des difficultés à se détacher de la lettre pour accéder à l'idée, il perd confiance en lui et les apprentissages scolaires peuvent devenir anxiogènes.

Causes prédisposant de la dysgraphie:
  • Trouble d'acquisition de la coordination (TAC)
  • Défaut de maturité au moment de l’apprentissage,
  • Mauvaise perception du schéma corporel,
  • Problèmes de latéralité non ou mal résolus,
  • Mauvaise tenue de l’instrument, et une position inadéquate,
  • Difficultés autres, comme la dyslexie, les troubles du langage, la dysorthographie, l’hyperactivité ou la précocité,
  • Troubles neuro-moteurs et du tonus musculaire.
La graphomotricité est la psychomotricité appliquée à l’acte d'écriture. L’acte graphomoteur est le prolongement psychomoteur de la motricité fine. L'écriture est une praxie, motricité volontaire, fine mais il ne s'agit pas que de la main, on écrit avec son corps.

L’écriture est une coordination et le résultat de la combinaison de plusieurs mouvements:
  • translation du coude
  • rotation du poignet
  • rotation et flexion-extension des doigts
Ces mouvements sont liés à des éléments moteurs, spatio-temporels et kinesthésiques.

A l’origine, le graphisme, la trace est le simple résultat d’un geste. Ensuite, ces traces deviennent le motif et conduisent le geste. Chez le jeune enfant, ce sont des gribouillage qui vont évoluer pour prendre des formes identifiables. De simples traces motrices, le graphisme devient la trace d’une représentation intellectuelle et imaginaire et prend le sens de communication
Evaluation graphomotrice: dysgraphie instrumentale et dysgraphie réactionnelle
Comme pour toute prise en charge en psychomotricité, elle débute par un bilan psychomoteur. Nous y ajouterons un bilan graphomoteur.

Pourquoi effectuer un bilan psychomoteur? Lui seul permettra de comprendre le développement de l'enfant dans sa globalité.

Le bilan graphomoteur permettra d'étudier la position de l'enfant, sa tenue du stylo et de vérifier la bonne acquisition des signes de base du graphisme. Un test de rapidité peut être proposé.

Le bilan psychomoteur va permettre une étude du tonus musculaire, va préciser la dominance latérale neurologique et fonctionnelle, ainsi que l'organisation spatiale qui en découle. Une étude de la motricité manuelle fine est réalisée comme de la motricité globale. Il va donc permettre de saisir l'origine des troubles graphomoteurs.

A la suite du bilan psychomoteur et graphomoteur, il est possible de distinguer deux grands types de dysgraphie : la dysgraphie instrumentale et la dysgraphie réactionnelle.

La dysgraphie instrumentale, comme son nom l'indique, trouve son origine dans des difficultés instrumentales. Les troubles peuvent concerner la régulation du tonus musculaire, l'organisation et la maturation de la latéralité, la motricité globale ou les praxies, les coordinations oculo-manuelles, l'organisation spatio-temporelle et le schéma corporel.

La dysgraphie réactionnelle: pour TAJAN, « l’écriture est chargée d’une signification qui dépasse le geste, elle est porteuse de sens, elle possède un contenu qui prend en charge et dépasse la geste. »
La dysgraphie réactionnelle peut être la traduction d’une défense, d’une opposition, d’une compensation sans qu’un trouble instrumental primaire suffise à lui seul à expliquer la difficulté.
Ces troubles réactionnels vont se traduire de façon instrumentale et vont être des réactions de défense aux exigences de vitesse, d’application, et de lisibilité imposée par l’école.
C’est un refus scolaire, donc un refus social dans le fait que la dysgraphie va à l’encontre du modèle qu’attendent les parents, l’instituteur et la société.
Enfin, au sein de ces dysgraphies réactionnelles, il convient d’ajouter les dysgraphies prétextes qui permettent d’exprimer les difficultés affectives.

Toutes deux sont extrêmement liées car l’enfant va utiliser sont corps comme moyen d’expression. Ainsi un trouble instrumental pourra se relationnaliser, et une difficultés relationnelle pourra s’instrumentaliser.

D'autre part, il y a  le problème des enfants gauchers. Génétiquement, l’apparition des possibilités de rotation du bras et des doigts dans l’expression graphique des gauchers se réalise à l’inverse de celle des droitiers. Pour ces derniers, le sens de rotation spontané est sénestrogyre (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre). Le déplacement du bras va de gauche à droite, de l’axe corporel vers la périphérie. Cela correspond aux direction de notre façon d’écrire. Pour l'enfant gaucher, spontanément, il organise son geste de droite à gauche.
L’apprentissage du code graphique s’oppose donc aux possibilités innées des gauchers. Ils doivent donc s’organiser pour répondre aux exigences motrices de la formation des lettres, et leurs capacités naturelles à réaliser un mouvement.
Dysgraphie: un trouble trop souvent considéré comme mineur

Le trouble de l'écriture est très souvent un symptôme qui amène à consulter en psychomotricité. Il est la voie d'entrée vers un bilan psychomoteur. Différents troubles moteurs sont présents depuis longtemps mais, arrivé à l'âge d'apprendre à écrire, il y a un obstacle que l'enfant ne peut plus franchir ou contourner. L'école vient donc mettre une limite.

Le trouble de l'écriture peut être banalisé et minimisé par l'entourage de l'enfant, par les enseignants ou par les professionnels de la santé.

L'écriture est une des praxies les plus complexe et les plus longues à apprendre dans sa vie. 

Comme nous l'avons vu précédemment, l'apprentissage de cette praxie mobilise toutes nos compétences psychomotrices. 

Observer les troubles de l'écriture et en comprendre l'origine nécessitent des compétences médicales.

On ne s'improvise pas rééducateur en graphomotricité après quelques semaines de formation technique. Avoir des connaissances scientifiques est obligatoire. La graphomotricité n'est pas uniquement un travail sur les techniques graphiques. Elle est un soin.

Sans vouloir affoler tous les parents, il arrive qu'après une demande autour d'un trouble de l'écriture, le bilan psychomoteur face apparaitre un handicap, qu'il soit une dyspraxie développementale (trouble d'acquisition de la coordination) ou un trouble mineur cérébral. 

Il est donc primordial d'avoir un bilan basé sur des compétences scientifiques. Il est simple de faire passer un test d'écriture et de montrer que cet apprentissage pose des difficultés. Mais, il est complexe de comprendre d'où vient le problème. Le soutien qu'on pourra apporter et les décisions pour le futur seront non négligeables. Il arrive trop souvent qu'un enfant arrive en psychomotricité après de longs mois ou de longues années de rééducations techniques qui ne fonctionnent pas ou qui ont aggravé les difficultés.

Nicolas Renouard - Psychomotricien Bordeaux
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