Psychomotricité-Bordeaux-Psychomotricien
Nicolas Renouard
Psychomotricien D. E.
Développement psychomoteur
Le développement est psychomoteur c'est-à-dire qu’il implique la globalité d’un être en devenir, à la fois merveilleusement compétent et totalement impuissant à survivre sans les soins maternels avec lesquels il est unifié.

Le développement psychomoteur, dans sa singularité de rythme et de qualité, est
très lié à la qualité des stimulations et de l’environnement affectif, qui aiguisent la curiosité de l’enfant, son envie de découvrir, d’explorer, d’aller vers le monde, et l’aident à se structurer à partir d’une appréhension sensorielle du monde pour parvenir à un équilibre entre ses capacités perceptivo-motrices, affectives et cognitives.

Certaines périodes de la vie du nourrisson et de l'enfant sont considérées comme celles où les acquisitions sont les plus nombreuses.

Le terme de « développement psychomoteur » indique le caractère indissociable des aspects corporels et psychiques du développement. Il implique le parallélisme et la concomitance des progrès sur deux plans : la maturation neuromotrice (tonus, motricité, sens) ; le développement psychoaffectif, cognitif et social.

L'histoire psychomotrice diffère pour chaque enfant. Le développement psychomoteur s'accomplit selon une succession d'étapes incontournables mais avec un rythme propre à chaque enfant, et une chronologie relativement souple dans une certaine mesure.

Interactions complexes entre le moteur et le psychique: l'activité motrice de l'enfant est un instrument fondamental pour conquérir son univers. Cet instrument on ne peut pas l'étudier seulement d'un point de vue physiologique. Il doit être rattaché à la vie psychique de l'enfant. Donc :

C'est l'action qui aide l'intelligence à se construire: un développement moteur normal sous-entend un psychisme d'une certaine qualité. L'activité motrice, dans la mesure où elle est intentionnelle, ne peut pas être séparée de l'intelligence, de la connaissance.
L'enfant tout petit agit, et, c'est progressivement qu'il sera capable de se représenter dans la tête ce qu'il a agit. L'action de l'immédiat et du concret passera à des conduites plus élaborées : l'une nourrit l'autre. Le moteur aide l'intelligence à se construire et inversement.

Le dialogue tonique précède le dialogue verbal: dans le psychisme, il n'y a pas que l'intelligence, la notion d'émotion est importance. Il existe une interaction entre le moteur et l'émotionnel.
Notre tonus est tout autant une action sur autrui qu’une réception de l’action d’autrui.
Le dialogue tonique ou dialogue tonico-émotionnel est mis en jeu dès le début de la vie entre l’entourage et l’enfant. Il y a un dialogue qui est la base de tous les échanges verbaux. Il est le support de la communication. Il véhicule l’expression des émotions. Pour Wallon, « il n’y a pas d’émotion sans action. »
C’est le support essentiel de la communication infraverbal. (langage corporel)
Au début de la vie, « toutes les émotions répondent à des variations du tonus tant viscéral que musculaire. » (Wallon)
Entre la mère et son enfant va s’instaurer ce que H. Wallon appelle « le dialogue tonique » et que J. de Ajuriaguerra décrit : « dès la naissance, l’enfant s’exprime par le cri, les réactions toniques axiales où tout le corps parle. L’enfant réagit aux actions extérieures par la protestation hypertonique (hypertonie d’appel) ou par l’apaisante relaxation. » (hypotonie de satisfaction) Les relations à autrui ne se font que sous l’angle tension-détente.
La mère s’adapte au tonus de son enfant qui lui communique ses émotions.
La mère « oublie » son propre tonus pour s’adapter à celui de son enfant qui lui communique ses émotions. C’est à ce niveau que se situera l’ancrage de la relation au monde extérieur.

L'activité motrice sera fonction de la qualité des échanges émotionnels entre l'adulte et l'enfant. Pour que le développement psychomoteur de l'enfant soit harmonieux, il est nécessaire que l'enfant se sente bien et qu'il éprouve du plaisir.

Retard de développement psychomoteur
Le retard des acquisitions psychomotrices est un des troubles psychomoteurs le moins bien reconnu. Il ne pourra être mis en évidence que si le professionnel de l'enfance a acquis, pour chaque âge, des repères précis de développement normal. Le dépistage d'anomalies du développement psychomoteur tôt dans la vie de l'enfant, permet une prise en charge précoce de l'enfant et sa famille et une amélioration du pronostique grâce aux prises en charges précoces.

Le dépistage précoce des troubles du développement psychomoteur repose d’abord et avant tout sur l’observation de l’enfant et sur l’écoute des parents.
Les circonstances du dépistage sont de trois ordres : soit devant une plainte des parents, soit lors d’une consultation systématique approfondie en raison de facteurs de risque anté ou néonataux ou familiaux, soit lors de façon fortuite lors d’une consultation de routine chez le médecin.

L’outil de base du dépistage chez l’enfant de moins de deux ans est le jeu, réalisé de façon répétitive et à l’aide d’instruments dont l’examinateur a l’habitude. Les échelles permettent une évaluation rapide du développement. Le nouveau carnet de santé a l’avantage de donner des repères aux parents et au médecin traitant. L’enfant doit être évalué en confiance avec ses parents puis examiné cliniquement dans un deuxième temps . Lorsqu’un signe inhabituel est repéré, il conviendra de revoir l’enfant dans de bonnes conditions, éviter de rassurer trop vite (« ça passera avec l’âge »).
Nicolas Renouard - Psychomotricien Bordeaux
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